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Pâtes au beurre

13 février 2007 18:47
 
 

Tristesse, horreur, infamie. Je me vois dans l'obligeance de rompre le modeste pacte tacite conclu avec toi lecteur, en déballant ici mes sentiments tant qu'il me reste suffisament de force pour le faire. Aujourd'hui, 18h29, j'ai tenté de me faire des pâtes au beurre. Me dirigeant naïvement vers la cuisine en traversant le petit couloir et une partie de mon salon, le coeur déjà alourdi par la perte de la poche de fromage rapé entièrement consumé la semaine dernière suite à deux jours fondants et chauds comme un bout de brie sur une tranche de pain de mie dorée au four, je suis forcé de constater avec effroi qu'il ne me reste pas de spaghettis en quantité suffisante pour m'autoriser à cuire des pâtes de manière à ce que celà satisfasse mon appétit. JE SAIS qu'il me reste des macaronis dans le grand placard du salon, achetés par ma mère, mais JE ME REFUSE d'y goûter tant que je ne serai pas dans le besoin évident de nourriture afin d'assurer ma survie immédiate. J'écris entre deux tourments mes basses et viles angoisses sur ce mince bout de papier virtuel, couchant ces mots que je peine à aligner, l'estomac tiraillé par une faim qui ne peut trouver écho dans un placard vide de tout spaghettis. ALORS OUI, je le sais, il reste des petits-pois, du thon, du maïs, mais AVEZ-VOUS DEJA VU UN ETUDIANT manger des légumes ? Et ce congélo démoniaque arguant de son insolente blancheur sa contenance en carpaccio de saumon mais QUE NENNI, je m'y refuse, vous n'aurez pas ma liberté de me remplir la panse d'une juste ration de pâtes ! La révolution culinaire n'est pas pour ce soir, bolchéviques du potager, ni même pour demain midi ! J'irai cracher jusque dans mes casserolles pour faire bouillir mes chutes de spaghettis grattés à même le sol d'une cuisine noire de crasse du travailleur libre !

J'écris ces lignes à la veille d'une nuit de lutte intestine face aux oppresseurs jardiniers, enfermé dans ma chambre les issues hermétiquement bouchées à l'aide de papier toilette. Compte-tenu du volume d'air présent dans la pièce, je pense tenir environ une vingtaine de minutes avant d'aller faire du riz. Si je ne reviens pas, deplacez-moi sur RIP.


Cher lecteur

13 février 2007 00:46
 
 

Ici point d'état d'âme, je laisse ça l'esprit tranquille à la fange crasse qui compose cette masse informe de population paranoïaque ivre de médiocrité et de détails salaces sur ma vie personnelle. Car je les sais nombreux, les bougres. Ils frappent à la porte de mes pensées comme autant de chiens enragés venus arracher mes géraniums dans le jardin fragile de ma personnalité. Non, ici, du vide. De l'hostile, même, à toute forme de déballement. Dehors, Brutus, dehors Médor ! Il n'est de défequoir ici que pour les habiles pattes des félins venus se lover sur la terrasse de mes envies. Et dans le salon ne trônera qu'un hamster en cage, tournant à son gré une roue en métal dont le maigre son peinerait à couvrir le soupir d'un vent d'autant s'engouffrant dans les portes-fenêtre laissées ouvertes pour profiter du doux temps d'une saison, celles des amours impossibles laissés ballants suspendus au crochet de mes échecs sentimentaux comme autant de cicatrices écorchant mon âme meurtrie saignant à vif ces perles rouges coulant le long d'une peau froide et sèche. Va-t'en, infamie, pars, souffrance, fuis, destin macabre d'une relation vide de sens, s'étirant sur la lointaine colline, comme ce sein, gonflée de désir et gorgée de vie. Non, je ne suis pas de ceux qui prétendent à vos mains fragiles quémandant la relation d'une vie que l'on ne saurait se promettre avec certitude. Je suis au delà de ces basses considérations que je laisse à celles et ceux qui conçoivent encore un destin gravé dans le marbre, là où je dessine et griffonne à livre ouvert un avenir dont les lignes tracent cette vie manifeste d'une grandeur n'ayant d'égal que le plus éternel des monuments. Ma vie, ma longue et morne vie, n'est que le fruit d'une longue découverte d'un moi qui continue encore de m'étonner, et de resplendir sur mon monde comme le steak dans l'huile éclabousse de son auguste graisse la plaque chauffante d'un érotisme sensible et concerné. Alors OUI, lecteur, j'ose te l'avouer : je suis ouvert à toute forme de sexe et m'engage à répondre à tes attentes les plus sordides suivant un quota mammaire soumis aux conditions générales de vente de mon âme à ta prude chasteté offerte en entrée de mon ogresque appétit sexuel déchaîné cherchant à mordre ta chair brûlante exposée au regard insoumis d'un rebelle du désir venu dompter l'animal qui sommeille en ton fort intérieur livré à mes désirs les plus altruistes. Car oui, je sais me faire délicat raffiné et sensible quand sonne l'heure de te retourner comme un pancake nappé de crème anglaise et de bourrer tes orifices de la plus délicieuse des confitures. Je dispose d'atouts indéniables livrés par une dame nature en personne venue spécialement me remettre les clefs de la sainteté divine concernant mes aptitudes à délivrer l'orgasme ultime chez mes congénères de sexe féminin, ainsi qu'un kit vidéo sony dolby surround 5.1 capable de te faire ressentir les seules vibrations dont tu auras besoin pour savourer la qualité d'un gros DVD dans ton petit salon.

Alors, n'hésite pas, ne fais pas ta timide, et contacte-moi immédiatement par private message pour entrer dans le nouveau millénaire de la baise à volonté.