Pathé et le téléchargement
Le figaro sur les entrées de Benvenue chez les Ch'tis.
"De fait, une étude récente de l'Agence de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) révèle que «Bienvenue chez les Ch'tis» a été téléchargé entre 600.000 et 700.000 fois. Pathé a fait son calcul : «En imaginant que chaque téléchargement est visionné par trois personnes, on a l'équivalent de 2 millions d'entrées»."
Je vois qu'on a toujours pas compris sa leçon. Au delà de l'argumentaire jusnaturaliste sur la propriété intellectuelle (qui n'en est pas une), Pathé et tous les distributeurs, éditeurs, et autres adeptes de la chasse au téléchargement illégal oublient volontairement une évidence : ce n'est pas parce qu'on a téléchargé un film qu'on serait allé le voir en salle. De même qu'un téléchargement illégal de CD permet de découvrir un groupe et de se ruer sur l'album suivant en magasin, l'argument reste valable pour un film. Si on ne va pas voir un film en salle et qu'on préfère le télécharger, c'est parce qu'on estime qu'on en aura pas pour son argent, même avec les avantages que procurent une salle de cinéma. Cette concurrence du gratuit devrait théoriquement pousser les éditodistributeurs ou quel que soit leur nom à soigner la bande-annonce (pour donner envie de voir un film), baisser le prix de la séance, proposer de nouveaux services que mon inébranlable imagination de consommateur insatisfait ne peut même pas encore concevoir, voire, soyons fou, rendre les films français un peu moins cons et chiants.
Cependant, avec à disposition un système juridique vachement pratique qui permet de punir tous les gens dans leur droit juste parce qu'ils vous font non pas perdre de l'argent, mais simplement réviser vos prévisionnels (le manque à gagner n'est pas du vol), c'est sûr qu'on choisit ce qu'il y a de plus simple (comme ceux qui téléchargent, justement).
Bref, sur la remarque très fine de pathée, on peut se laisser aller à quelques variations :
"De fait, une récente étude très sérieuse et objective du Comité de Lutte Contre les Gens qui sont nos Ennemis Désignés révèle que "Bienvenue Chez les Cht'is" a été téléchargé entre 600 000 et 700 000 fois. Pathé a fait le calcul, et en imaginant très fort que chaque téléchargement équivaut à 209 visionnages, on a l'équivalent de 146 300 000 entrées !"
Plus besoin d'argumentaire ou de délit, on imagine très fort qu'on a été volé, et ça suffit pour que le gouvernement lance la Lutte contre le Piratage.
4 commentaires à cet article.
Donc tu es en train de dire que si le téléchargement n'existait pas, sur ces 700 000 téléchargements, aucun de leurs auteurs ne seraient allés voir le film au cinéma ?
Tu es en train de dire que si le seul moyen de voir ce film avait été d'aller au cinéma, ils n'y seraient pas allés ?
N'importe quoi.
Et puis surtout, comment peux-tu le savoir ? La réflexion de Pathée et la tienne sont aussi stupides l'une que l'autre.
Ce qui n'est pas stupide, c'est qu'il y a eu 700 000 téléchargements. Téléchargements illégaux de surcroît, parce que même si on n'est pas d'accord avec une loi, on doit la respecter.
Comme j'ai pas lu ton pavé concernant le droit d'auteur, je ne connais pas ton avis à ce propos. Mais une oeuvre qui a nécessité des investissements privés ET publics est volée à partir du moment où elle n'est pas payée.
Oui et non
Le seul fait établit c'est qu'il y a eu 700 000 téléchargement illégaux, c'est tout.
De là a parler de vol y'a de la marge.
Certes c'est illégal mais copier de la musique sur cassettes audio aussi.
J'ai vu ce film et j'ai trouvé ça nul, j'ai donc économisé une séance inutile.
Je culpabilise pas trop avec le téléchargement car on trouve généralement que le cinéma à gros budget
Le bon cinéma d'auteur reste assez intimiste et visible qu'au cinéma
Nan, locnais, je dis que chaque téléchargement n'est pas -nécessairement- une place de cinéma perdue. Pas que tout ceux qui téléchargent ne seraient jamais allé voir le film. La copie n'est pas un vol. Avec un tel raisonnement, quelqu'un qui voit un feu d'artifice et qui n'a pas payé (de quelque manière que ce soit) est un "voleur", alors qu'il profite de ce que quelqu'un d'autre a payé sans lui en priver l'usage.