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C'est le premier mouvement de l'apocalypse. Bordeaux, ses néons, ses slims, ses danseurs de tektonik, ses bobos à pulls noués autour du cou, ses groupes de rock à mèche, ses petits péteux grincheux sur la défensive, ses fêtards mais pas trop, bref, Bordeaux le vin, Bordeaux la gerbe, capitâle intergalactique de la culture ? Foutage de gueule.

Sur la Place de la Bourse, dans cette ville qui s'est enrichi sur le commerce des esclaves (deuxième port d'échange après Nantes), on fête avec un spectacle son et lumière "gratuit" (c'est à dire payé par tous les gens qui n'y sont pas allés), dans le cadre de "la fête du fleuve" et "la fête du vin" l'Histoire de Bordeaux en revendiquant l'héritage vinicole et celui (c'est plus couillu) de Montaigne et Montesquieu (je crois qu'ils ont oublié Chaban-Delmas, c'est bizarre). Alain Juppé, fils du vent et conquerator, qui a opéré un demi-tour temporel en mettant en place un tramway dans la ville qui l'avait banni quelques années auparavant (l'ex-maire cité plus haut avait détruit le tramway en prétextant que l'avenir du monde c'était la voiture - il avait pas tort dans le sens où le seul avenir que les politiciens préparent, c'est celui de l'échéance électorale suivante), cherche donc à faire de Bordeaux un pôle attractif pour touristes. La fête du vin, jadis rassemblement de jeunes poivrots en devenir venus s'arsouiller le foie sous le soleil de plomb et maintenant accessible à 12€ de forfait pour une heure d'attente et douze verres "dégustation", devient de ce fait une fête à l'ambiance dé-men-tielle, où vient se divertir une masse muette de Bordelais blasés. Voyons le bon côté des choses : au moins c'est (en partie) payé par les participants.

Tant mieux, puisque le feu d'artifice d'une quizaine de minutes tiré chaque soir de la semaine (chaque soir de la semaine, oui) depuis une barque sur la Garonne doit probablement valoir cinq fois la recette. J'espère que les Bordelais aiment le son des feux d'artifice : après tout ils le payent.

Avec l'entrée de toute la ville au patrimoine mondial de l'UNESCO qui a relevé les loyers, le quartier populaire St-Michel "revalorisé" au même titre que celui de la gare (c'est à dire qu'on fait de coûteux travaux pour préparer l'arrivée des bobos), Bordeaux devient la capitale européenne du constructivisme pour riches, qui coûte cher et repousse les pauvres en banlieue.

Humeur: Vrombissant

1 commentaire à cet article.

MC8wMDAvMTA0LzAwMDAx~Etincelle | 29/06/2008

ne soit ni temoin ni sujet;ils ne sont grands que si nous sommes agenoux(montaigne)